Le Journal de l’Afrique n°28 : les derniers jours du franc CFA

par Yvan Catel  -  22 Janvier 2017, 11:26  -  #europe afrique

"La création de la devise africaine était une des causes principales de l'intervention en Libye et l'assassinat de l'ex-dirigeant du pays Mouammar Kadhafi" (lire l'article après celui-ci, c'est édifiant).

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Le Franc de la Coopération financière africaine (CFA) utilisé dans 15 pays répartis entre l’Afrique de l’ouest et du centre traverse une zone de turbulences. Aussi bien à l’intérieur du continent africain qu’à l’extérieur, un vaste mouvement anti CFA se constitue. Sa mission est clairement affichée : « libérer les Etats africains du joug du franc CFA »

En 72 ans d’existence, le franc CFA a suffisamment prouvé son degré d’inefficacité voire de nocivité pour les économies africaines. Aucun des 15 pays qui utilisent cette monnaie ne présente une situation économique enviable, malgré le dynamisme des populations et la richesse de son sous-sol.

Sur le plan politique, la zone CFA reste arriérée avec des présidents qui ont battu tous les records mondiaux de longévité à la tête des Etats : Paul Biya (35 ans), Idriss Déby (27 ans), Obiang Nguema (39 ans), etc.

Les raisons de cet immobilisme de la zone CFA sont nombreuses : absence de souveraineté des Etats africains, obligation pour ces derniers de verser 50% de leurs réserves de devises au Trésor français, utilisation de la zone franc comme aire d’influence par/pour la France, menace et chantage envers les présidents dissidents…

Ayant en vain attendu que le mot d’ordre de sortie du franc CFA vienne des chefs d’Etats, les organisations de la société civile ont pris le taureau par les cornes et placent 2017 sous le signe de la liquidation de cet « avatar du colonialisme ».

Après la phase théorique caractérisée par les débats, l’heure est donc à l’action. Le 7 janvier dernier, suivant un mot d’ordre lancé par l’ONG Urgences panafricanistes, plusieurs manifestations ont été organisées à travers le continent et au-delà. La grande innovation observée était sans doute la descente des populations dans les rues pour des marches pacifiques et scandant « Stop CFA ». La prochaine étape sera le boycott des produits français sur le continent, prévient Kemi Seba, activiste panafricaniste et initiateur de cette campagne internationale qui a très vite connu l’adhésion des masses populaires.L’establishment a perdu le sommeil. Ce qui est déjà une première victoire pour le peuple mobilisé et déterminé.

Source : http://www.investigaction.net/le-journal-de-l-afrique/#sthash.iFsVHAKk.dpuf

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Cinq ans après la mort du dirigeant libyen, son cousin raconte pourquoi l'Occident s'en est pris à Mouammar Kadhafi en 2011 et ce qui a mené à son renversement.

Le cousin de Mouammar Kadhafi, Ahmed Kadhafi ad-Dam, a déclaré que le projet sur la création de la devise africaine était une des causes principales de l'intervention en Libye et l'assassinat de l'ex-dirigeant du pays.

« C'était une des causes principales. L'Occident a vu comment Kadhafi menait la lutte pour la libération du continent africain et l'expulsion des pays coloniaux de l'Afrique. Il voulait obtenir l'unité des pays africains, transformer le continent en États-Unis de l'Afrique », a déclaré M. Kadhafi ad-Dam à la chaîne RT.

Selon le cousin de l'ex-dirigeant libyen, en 1999 Mouammar Kadhafi a lancé des débats sur la création d'une union africaine et d'un gouvernement africain uni dans le but de réunir les capacités du continent. Une telle politique n'allait pas sans contredire les intérêts des pays occidentaux. C'est pourquoi ils ont qualifié Mouammar Kadhafi de menace.

Il a également ajouté que l'Onu devait « ouvrir une enquête concernant les évènements en Libye ».

« Tout le monde pense que le meurtre de Kadhafi est un crime de guerre, imputé à l'Occident. Nous devons exiger que l'Onu et son nouveau secrétaire général ouvrent une enquête concernant les évènements de l'année 2011. Depuis cinq ans le Conseil de sécurité n'a pas même envoyé une commission », a-t-il indiqué.

Les troubles en Libye ont dégénéré en guerre civile au début de l'année 2011. En mars 2011, le Conseil de sécurité de l'Onu a autorisé une intervention visant à protéger les civils des forces loyales au président libyen Mouammar Kadhafi. Les bombardements du territoire libyen ont été effectués tant par les forces de la coalition menée par les États-Unis que par des États comme la France ou la Grande-Bretagne. Après des frappes françaises sur la colonne automobile dans laquelle se trouvait Kadhafi, celui-ci a été capturé et assassiné par les rebelles.

Source de cet article : https://fr.sputniknews.com/international/201610231028334023-libye-kadhafi-cousin/