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Publié par Yvan Catel

Un point de vue auquel j'adhère et qui devrait faire réfléchir nombre d'entre nous ! et encore une fois, une interview qui échappe à nos très "professionnelles lumières" du journalisme français !

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Le décalage qui existe dans le monde aujourd'hui entre les plus riches et les plus pauvres n'est pas un état normal des choses, comme on essaie de nous le faire croire. L'exemple des bolcheviks en est la preuve, selon le journaliste John Wight.

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Ce qui est surprenant dans le rapport d'Oxfam sur la pauvreté mondiale, c'est qu'il a été une surprise pour quelqu'un. La révélation que huit personnes possèdent plus de richesses que la moitié la plus pauvre de l'humanité confirme tout simplement que le néolibéralisme fonctionne exactement comme prévu.

Lorsque, il y a cent ans, en 1917, la révolution russe a eu lieu, c'était en réponse à l'ordre économique qui avait mené au conflit global le plus dévastateur que le monde ait jamais connu, celui qui a fait plus de 17 millions de victimes et des millions des blessés et des mutilés.

Le même niveau de cupidité, une indifférence totale à l'égard du peuple ouvrier et des pauvres de la part des super-riches et de l'élite constituent aujourd'hui la force motrice idéologique du néolibéralisme

La première guerre mondiale a été conduite pour la répartition coloniale des pays sous-développés, surtout d'Afrique et du Moyen-Orient, les intérêts des riches et la puissance des classes dirigeantes européennes dont la soif pour les richesses et encore plus de pouvoir n'avait pas de limites.

Le même niveau de cupidité, une indifférence totale à l'égard du peuple ouvrier et des pauvres de la part des super-riches et de l'élite constituent aujourd'hui la force motrice idéologique du néolibéralisme, indépendamment des arguments avancés par ses partisans et ses défenseurs. Les huit multi-milliardaires, cités dans le rapport d’Oxfam, qui possèdent en 2017 plus de richesses que 3,6 milliards d'êtres humains, sont : Bill Gates, Warren Buffet, Amancio Ortega, Carlos Slim Helu, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Larry Ellison et Michael Bloomberg. Ce qui est frappant, mais peut-être pas vraiment surprenant dans ce groupe, c'est qu'un sur deux est Américain.

Huit personnes n'auraient pas réussi à amasser des biens aussi énormes et obscènes sans un ordre économique et politique nécessaire pour le rendre possible. Cet ordre, c'est le néolibéralisme, en d’autres termes, le capitalisme mondial absolu, qui est l’antithèse même de la souveraineté nationale. Cet ordre a fait que les gouvernements, partout dans le monde, tout en parlant de puissance, n'étaient en réalité que les courtisans des corporations mondiales et de leurs propriétaires.

Comme l’a dit Noam Chomsky, «le concept même des principes néolibéraux est une attaque directe contre la démocratie».

La surprise est qu’un niveau tellement obscène d’inégalités [...] n'ait pas provoqué de révolution sociale d’envergure, similaire à la révolution russe

La surprise donc, étant donnée la nature du néolibéralisme, n’est pas qu’un niveau aussi obscène d’inégalités existe à notre époque. La surprise, c'est plutôt qu’un niveau tellement obscène d’inégalités et le base de massive pauvreté sur laquelle il repose, n'ait pas provoqué une révolution sociale d’envergure, similaire à la révolution russe. Là, il faut prendre en compte le rôle de l'idéologie qui nous fait accepter le statu quo comme quelque chose de normal et même de naturel, malgré les preuves flagrantes de la nature irrationnelle et injuste de ce statu quo.

Selon le philosophe politique français, Louis Althusser : «L’idéologie de la classe dirigeante ne devient pas l’idéologie dominante par la grâce de Dieu, ni même uniquement du fait de la prise de pouvoir de l’Etat». Il affirme aussi : «L'idéologie représente le lien imaginaire entre les individus et leurs conditions réelles d’existence.»

L'idée est que nous vivons nos vies en fonction de paramètres sociaux, politiques et économiques que nous ne choisissons pas pour nous-mêmes. Et même si l'on peut se retrouver parmi le nombre toujours croissant de ceux qui vivent dans la pauvreté ou luttent contre elle, on nous fait croire que le problème est plutôt en nous et pas dans le système. Prenons du recul un instant. :Essaie-t-on vraiment de dire que les huit multi-milliardaires méritent de profiter de tant de richesse, alors que 3,6 milliards de personnes qui ont si peu méritent leur pauvreté ?

C'est un état de choses dégoûtant et méprisable de ce que certains ont encore la témérité d'appeler la civilisation occidentale

C'est certainement une question dont la réponse est évidente.
Lors de la semaine où un large cercle des membres de l’élite économique et politique anime le raout annuel de Davos, autrement connu sous le nom de Forum économique mondial, 154 000 enfants vont mourir à cause de pauvreté extrême. On peut parier que les enfants des riches et puissants, qui cabriolent autour du centre exclusif et luxueux de la Suisse, n'en feront pas partie.

C'est un état de choses dégoûtant et méprisable de ce que certains ont encore la témérité d'appeler la civilisation occidentale.

Ces statistiques doivent nous pousser tous – tous ceux qui en ont conscience – à nous rebeller contre le niveau d’injustice qu’elles révèlent. Pourtant la vérité est que nous sommes devenus tellement habitués à cette réalité que nous ne la discernons plus ni ne croyons plus qu'une alternative est possible.

Le seul défaut des bolcheviks est peut-être qu'il sont, en effet, arrivés trop tôt

Ce qui nous ramène à Lénine et aux bolcheviks en 1917. Ils ont refusé d’ignorer la réalité ou d'en perdre le sentiment. Au lieu de cela, ils ont maîtrisé la vague de colère qui s'était élevée à cause des souffrances et de l'injustice qu'enduraient les masses en Russie, avec, comme résultat, une révolution qui a non seulement réussi à faire tomber l'ordre existant dans leur propre pays, mais également à menacer de faire de même partout en Europe. Le résultat final, comme l'histoire l'a montré, a été un effondrement cataclysmique de la société d'une envergure telle que personne ne doit faire l'erreur de croire qu'il ne se reproduira jamais. C'est possible. 

Le seul défaut des bolcheviks est peut-être qu'il sont, en effet, arrivés trop tôt. Pourtant, chaque année qui passe, accroît la probabilité de voir leurs semblables revenir encore une fois.

Nos huit multimilliardaires et les membres de l’élite à Davos devraient en prendre note.

Du même auteur : De l'hystérie du piratage à Washington – qu’en dirait Freud ?

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.(je veux bien les reprendre à mon compte, ndlr).

Source : https://francais.rt.com/

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