Pétrole et gaz bientôt devancés par l'énergie solaire, mais :

par Yvan Catel  -  18 Juillet 2015, 18:36

Pétrole et gaz bientôt devancés par l'énergie solaire, mais :

Dans un avenir proche, les centrales électriques fonctionnant aux hydrocarbures ne seront plus compétitives, prédisent les experts.

Dans deux décennies, l'énergie solaire sera devenue si efficace et bon marché qu'il ne sera plus rentable de construire des centrales électriques fonctionnant aux hydrocarbures. Telle est la principale conclusion de Bloomberg dans son pronostic stratégique du développement de l'énergie mondiale d'ici 2040, intitulé "Le mode énergétique de l'humanité changera bientôt à tout jamais".

Selon les estimations des experts de l'agence, le prix de l'énergie solaire continuera de chuter jusqu'à devenir la moins chère du marché. D'ici 2026, l'industrie énergétique solaire sera compétitive sur la plupart des marchés, et 25 ans après le coût du cycle vital d'une centrale solaire (fonctionnant avec des panneaux solaires) sera divisé par deux. Dans le même temps, le prix des hydrocarbures augmentera. L'énergie solaire fera perdre sa rentabilité à la construction de centrales traditionnelles mais aussi à l'exploitation des centrales existantes. "L'ère industrielle a été fondée sur le charbon. Elle s'achèvera dans 25 ans", conclut Bloomberg.

Les investissements totaux dans l'énergie solaire d'ici 2040 atteindront 3 700 milliards de dollars, prédisent les experts, ce qui portera la capacité totale des centrales solaires à plus d'un tiers des nouvelles capacités de l'énergie mondiale (200GW). La construction de centrales tournant aux hydrocarbures stagnera d'après les pronostics de l'agence.

La principale particularité de la révolution énergétique à venir sera son caractère décentralisé. "D'ici 2040, pratiquement dans tous les pays, l'électricité produite par les panneaux solaires sur son propre toit sera moins chère que celle du réseau, et d'ici là presque 13% de l'électricité mondiale sera produite par des dispositifs autonomes", indique Bloomberg.

Dans le même temps, la consommation mondiale d'électricité n'augmentera pas, sous l'effet des économies d'électricité croissantes réalisées par les consommateurs finaux — ainsi, le passage à l'éclairage LED économise 80% d'électricité, rappelle Bloomberg. "La consommation d'électricité restera plus au moins au niveau actuel en dépit d'une augmentation sans précédent de la classe moyenne", écrivent les experts. L'augmentation moyenne de la consommation dans les décennies à venir ne dépassera pas 1,8% par an, par rapport à 3% entre 1990 et 2012, indique le rapport. Plus le pays est développé, moins sa croissance nécessite d'énergie, soulignent les experts.

Le gaz naturel ne deviendra pas un "hydrocarbure de transition" entre l'ère du charbon et celle des énergies renouvelables, écrit Bloomberg. Le remplacement massif des réacteurs à combustible solide par des réacteurs à gaz n'est possible qu'aux USA, qui disposent de conditions uniques pour une révolution de schiste, pensent les experts. Les pays émergents opteront certainement pour la combinaison du charbon, du gaz et des énergies renouvelables. Mais même aux USA, les éoliennes coûteront moins cher que les centrales traditionnelles d'ici 2023, et que les centrales solaires industrielles d'ici 2036, indique le rapport. Les hydrocarbures ne disparaîtront pas de la balance énergétique et représenteront 44% de la production d'électricité d'ici 2040, mais elle sera limitée aux anciennes centrales dans les pays développés. Les nouvelles entreprises ne seront construites que dans des pays émergents. Selon les prévisions, la production d'électricité par les centrales à charbon diminuera, restera stable pour les centrales thermiques, à gaz et nucléaires et augmentera significativement pour les centrales solaires et éoliennes. D'ici 2040, les sources d'énergie renouvelable produiront un tiers de l'énergie mondiale.

Le réchauffement climatique ne pourra donc pas être empêché. En dépit des 8 000 milliards de dollars d'investissements dans les énergies renouvelables, les émissions de CO2 augmenteront jusqu'en 2029 et seront supérieures de 13% par rapport à aujourd'hui d'ici 2040. Ainsi, la température moyenne à la surface de la planète augmentera tout de même de 2 degrés, hausse considérée par certains experts comme un "point de non-retour", conclut Bloomberg.

Contenu réalisé à partir d'informations émanant de sources ouvertes

Source : http://fr.sputniknews.com/sci_tech/20150718/1017080938.html#ixzz3gGXBG2rn