Média: avant d'humilier la Russie, l'Occident devrait se regarder dans un miroir

par Yvan Catel  -  13 Mai 2015, 22:11

Média: avant d'humilier la Russie, l'Occident devrait se regarder dans un miroir
Les pays occidentaux n'essaient plus depuis longtemps de comprendre la Russie, préférant lui donner des leçons et l'humilier, constate un journaliste français.
François Hollande a eu tort de ne pas se rendre à Moscou pour la grande parade militaire qui célébrait le 70e anniversaire de la victoire de l'URSS sur l'Allemagne nazie, écrit Renaud Girard, du journal français Le Figaro, dans son article intitulé "Pourquoi donc humilier la Russie?".
"L'erreur de notre président fut à la fois diplomatique, morale et stratégique", souligne l'auteur.
Et d'expliquer que, diplomatiquement, le président français s'était montré discourtois à l'égard de son homologue russe Vladimir Poutine, qui s'était bel et bien rendu à son invitation de participer aux célébrations du Débarquement allié de Normandie.

"Moralement, la France se devait d'honorer le sacrifice du peuple russe, qui paya plus qu'aucun autre le prix du sang dans la destruction de l'armée hitlérienne. Stratégiquement, le président français s'est aligné sans nécessité sur la position américaine d'un boycott de la Russie, qui la jette imprudemment dans les bras de la Chine", a ajouté M.Girard.

Lors du défilé militaire du 9 mai, le président chinois Xi Jinping se trouvait à droite de Vladimir Poutine. M.Xi a déclaré par la suite que ces célébrations avaient "propulsé le partenariat stratégique entre Moscou et Pékin" à un niveau beaucoup plus élevé. Le journaliste doute qu'un tel déplacement de la Russie vers l'Asie soit dans l'intérêt de Paris.
Somme toute, M.Girard constate que depuis ces dix dernières années, l'Occident n'essaie plus de comprendre la Russie, préférant lui donner des leçons, comme cela a été notamment le cas en août 2008, suite à la réaction de Moscou aux pilonnages de Tskhinvali.
Le journaliste rappelle que des centaines de personnes, y compris des observateurs militaires russes, ont été tuées à l'époque, et se demande si, par exemple, l'artillerie serbe aurait pilonné Pristina, en tuant dix soldats américains, si l'Otan était restée, les bras croisés.

Et de conclure qu'avant de donner des leçons aux autres, l'Occident ferait mieux de se regarder bien lui-même dans un miroir.

Source : http://fr.sputniknews.com/international/20150513/1016060177.html#ixzz3a3Umzy84