Le message de Poutine à l’Assemblée Fédérale : sans compromis et concret

par Yvan Catel  -  5 Décembre 2014, 17:18

Du « pur cynisme ». C’est ainsi que le président de Russie a qualifié les tentatives des pays occidentaux de justifier les événements en Ukraine par la défense des droits de l’homme. C’est précisément par la crise ukrainienne que Vladimir Poutine a commencé son message à l’Assemblée Fédérale.

De l’avis des experts, cela confirme encore une fois l’intérêt de Moscou pour la stabilité et la paix dans le pays voisin. Dans son 11e message annuel, le leader russe a esquissé les principales directions d’activités en politique extérieure et intérieure, ainsi que les prochaines transformations économiques.

L’Ukraine et les événements à son propos constituent le plus grand défi lancé à la Russie d’aujourd’hui, remarquent les politologues. Il est donc logique que le chef de l’Etat ait commencé son message par l’évaluation de la crise ukrainienne. D’après M. Poutine, l’Occident a en fait soutenu le coup d’Etat armé, les violences et les tueries. Et tout cela sous le couvert de slogans de lutte pour la démocratie. On ne saurait appeler ça autrement que du cynisme, est persuadé M. Poutine.

Le « printemps de Crimée » a été un moment particulièrement douloureux pour l’Occident. Mais, d’abord, la Crimée est indissolublement liée à la Russie et ensuite, à la différence des exactions à Kiev, dans le cas de la Crimée, tout le processus a été absolument légitime, a constaté Vladimir Poutine.

« Comme on le sait, au référendum de mars dernier les habitants de Crimée se sont exprimés nettement en faveur de la réunification de l’autonomie avec la Russie. Ensuite, le parlement de Crimée, j’attire votre attention sur cela, absolument légitime, élu en 2010, a adopté une décision sur l’indépendance. Et enfin, l’historique réunification de la Crimée et de Sébastopol avec la Russie a eu lieu. Parce que la Crimée est peuplée de nos gens, et le territoire lui-même est stratégique, parce que c’est là que prend sa source spirituelle la formation de la nation russe à visages multiples, mais monolithe et de l’Etat russe centralisé. »

Quant à l’Occident, ce n’est pas hier, mais il y a des décennies qu’il a commencé sa politique de refrènement de la Russie. Si ce n’étaient l’aggravation de la situation en Ukraine et les événements en Crimée, les partenaires étrangers auraient inventé d’autres prétextes pour isoler Moscou, est convaincu M. Poutine. Chaque fois que quelqu’un considère que la Russie est devenue trop forte, indépendante, ces mécanismes sont immédiatement enclenchés. Or tenir à la Russie un langage musclé est inutile. Même quand elle connaît des difficultés internes.

L’Occident semble ne pas vouloir le comprendre. Le système global de défense antimissile, créé par les Etats-Unis, menace la Russie, mais aussi le reste du monde, en rompant l’équilibre stratégique des forces. De l’avis du président russe, cela nuit également aux Etats-Unis mêmes – donnant une dangereuse illusion d’invulnérabilité, accentue l’aspiration à prendre des décisions unilatérales, irréfléchies. Mais le principal est que tous ces efforts de Washington soient sans perspectives, est persuadé Vladimir Poutine.

« Nous n’avons pas l’intention de nous engager dans une course aux armements onéreuse. Mais en même temps, nous garantirons la capacité défensive de notre pays dans les nouvelles conditions. Nous en sommes surs, cela sera fait. La Russie dispose de possibilités et de solutions originales. Personne ne saura parvenir à une supériorité militaire sur la Russie. Notre armée est contemporaine, apte au combat, comme on dit maintenant « polie », mais redoutable. Nous avons suffisamment de forces, de volonté et de courage pour protéger notre liberté. »

Passant de la politique à l’économie, le chef de l’Etat a reconnu que la situation dans le pays n’était pas facile et demandait des mesures exceptionnelles. Ainsi, M. Poutine a proposé de fixer pour quatre ans les impôts en vigueurs et de mettre en œuvre dans de brefs délais des décisions déjà prises en vue d’alléger la charge fiscale. Le président a de même insisté sur l’abandon d’un contrôle total et importun du business, en rendant chaque inspection transparente. En outre le chef de l’Etat a demandé de prendre des mesures contre ceux qui spéculent sur le cours de change du rouble. M. Poutine a noté que la direction du pays « sait qui sont ces spéculateurs ». Et que les autorités disposaient d’instruments pour influer sur eux. /N

Source La Voix de la Russie : http://french.ruvr.ru/2014_12_04/Le-message-a-l-Assemblee-Federale-sans-compromis-et-concret-2427/

Le message de Poutine à l’Assemblée Fédérale : sans compromis et concret