TFATA (TTIP) / TISA / CETA, La pression des groupes pétroliers menace les objectifs climatiques de l’UE

par Yvan Catel  -  6 Septembre 2014, 09:35

Accords odieux TAFTA (TTIP) / TISA / CETA : Une catastrophe annoncée si nous n'arrivons pas à les stopper !

LES grandes compagnies pétrolières utilisent les négociations commerciales entre l’Union européenne, le Canada et les États-Unis pour provoquer un relâchement des contraintes environnementales sur la pollution des combustibles. C’est ce que révèle un rapport publié par l’ONG, Les Amis de la Terre, qui précise que les corporations profitent de leur influence au sein des gouvernements pour faire lever les restrictions imposées à l’entrée du pétrole brut en provenance des sables bitumineux – beaucoup plus polluant que le pétrole conventionnel – par la directive de l’Union européenne sur la qualité des carburants.

Poussés par les lobbies pétroliers, les gouvernements des États-Unis et du Canada utilisent les négociations commerciales pour forcer l’Union européenne à donner un accès illimité à son marché de sables bitumineux, source de carburant qui a pourtant des impacts climatiques, sociaux et environnementaux dévastateurs.

Cette organisation Les Amis de la Terre, à l’instar de l’association Écologiste en action et de l’ONG Transport & Environment, mettent en garde contre les pressions du lobby pétrolier international formé, entre autres, par la société espagnole Repsol pour imposer la consommation de pétroles sales. Les études scientifiques établissent que les carburants issus des sables bitumineux produisent 23% de plus d’émissions de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel, mais les compagnies pétrolières ont déjà réalisé un important investissement pour rendre viable son extraction et sa commercialisation.

Le rapport souligne que 112 milliards d’euros ont été investis dans les sables bitumineux canadiens entre 2001 et 2012.

L’un des plus grands gisements du monde se situe dans la province de l’Alberta, où en 2001, les sept plus grandes entreprises privées comme Shell, ExxonMobil, BP, Sinopec, Chevron, Conoco Phillips et Total y ont trouvé des enjeux considérables liés aux sables bitumineux canadiens. Repsol a destiné de fortes sommes aux raffineries de pétrole espagnoles pour leur permettre de traiter ce type de pétrole. Il y a un peu plus d’un mois, la raffinerie située à Muskiz (Pays Basque) a reçu son premier échantillon de test. Les sables bitumineux canadiens constituent l’une des rares ressources pétrolifères auxquelles ces entreprises ont accès sans entraves, car elles ont perdu le contrôle sur les réserves de nombre de pays, si l’on sait qu’elles ont vu diminuer leur mainmise sur les réserves mondiales de 85% dans les années 60 à 6% de nos jours.

Le potentiel de pollution de ces hydrocarbures constitue donc une source majeure d’inquiétude et menace sérieusement les objectifs climatiques de l’Union européenne. Adoptée en 2009, la réforme de la directive sur la qualité des carburants visait à réduire de 6% d’ici 2020 les émissions de gaz à effet de serre (GES), des carburants pour les transports par rapport à 2010. Un instrument qui devait permettre à l’UE d’atteindre l’objectif d’une réduction de 20% des émissions de GES par rapport à 1990.

Mais, cinq ans plus tard, la réforme n’a toujours pas abouti. La Commission européenne doit encore approuver son contenu, ainsi que les mécanismes et les procédures visant à la mettre en pratique.

Selon les organisations écologistes, les négociations entre l’Europe et les États-Unis sur le Traité de commerce et d’investissements (TTIP), et celles de l’UE et le Canada sur le Traité économique et commercial ont pris la forme d’un lobbying intense et menacent l’entrée en vigueur de la réforme.

Le rapport, qui s’appuie sur des documents officiels, révèle plusieurs des mesures de pression adoptées par les grandes compagnies pétrolières pour affaiblir les politiques climatiques de l’Union européenne. Envois de lettres et réunions avec les spécialistes chargés des négociations et les gouvernements, déclarations publiques et menaces de porter l’affaire devant l’OMS, sont quelques-unes des stratégies de pression employées par les multinationales. Parmi les différents acteurs impliqués figurent, entre autres, les gouvernements du Canada, des États-Unis, la Chambre de commerce des USA, la fédération patronale Businesse Europe de l’Union européenne, l’Organisation mondiale du commerce et des spécialistes chargés des négociations.

En dépit de l’opacité qui entoure les négociations du TTIP – une fuite à travers le portail Filtra publiée par La Marea a permis de découvrir que l’entrée des multinationales dans les services publics européens figurait parmi les cartes abattues sur la table des négociations –, la documentation à laquelle les auteurs du rapport ont eu accès révèle l’intérêt évident de supprimer une directive qui interdirait l’entrée massive de pétrole sale en provenance des sables bitumineux du Canada.

Les Amis de la Terre soulignent que « si la pression du secteur pétrolier est si forte, c’est parce que le seul moyen de rendre viable l’exportation de pétrole en provenance des sables bitumineux canadiens, est à travers le marché européen, le marché des États-Unis étant saturé ».

Les ONG exigent de l’UE qu’« en aucun cas » la carte environnementale ne doit servir de monnaie d’échange dans les négociations commerciales. (La Marea)

Source : http://www.granma.cu (un petit pays de 11.5 millions d'habitants en parle ! Bravo et Merci à lui, Honte à nos médias et leurs journaleux insignifiants).

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