Salaire cubain : On aime comparer ? Alors alons-y...Efin un article superbement objectif.

par Yvan Catel  -  29 Mars 2015, 10:07

Une vérité relative ...

Lorsque les médias internationaux disent qu’un travailleur professionnel à Cuba gagne 20 dollars par mois (480 pesos), ils disent la vérité.

Mais c’est une vérité relative.

Il est évident qu’il est difficile de s’en sortir avec cette somme, à la limite d’une pauvreté extrême. Les institutions internationales, en rien sympathisantes du système instauré dans notre île, l’affirment : Cuba est un des pays d’Amérique latine où les effets de l’extrême pauvreté sont le moins visibles. De fait, l’indice de développement humain (de Cuba) est un des plus élevé de la région.

Pourtant, le salaire moyen est de toute évidence un des plus bas du continent, probablement le plus bas. Comment expliquer cette apparente contradiction ? Simplement, la majorité de la population dépend (où pour le moins profite) des subventions et aides de l’état.

Personne n’affirme qu’il s’agit là d’une situation idéale (et ce serait une bêtise de le faire). Mais il est certain que grâce à ces dispositions, il a été possible de réduire les graves coûts sociaux de la crise économique dont a souffert le pays. Quoiqu’en disent les adversaires de notre système, à Cuba, personne ne meurt de faim, pas même ceux qui ne gagnent presque rien. Ce qui ne signifie pas que les gens satisfassent à toutes leurs aspirations économiques et de bien- être (Mais ceci est un autre thème).

Les règles du jeu sont claires : il n’est pas possible de mesurer le pouvoir d’achat des cubains vivant à Cuba avec des outils applicables à d’autres entités et réalités économiques.

Voyons donc.

Une des conquêtes de la Révolution, un de ses principaux étendards, est de pouvoir compter sur des systèmes de santé et d’éducation absolument gratuits. Les chiffres ne mentent pas, les statistiques de ces secteurs d’activité situent Cuba en tête de tout l’Amérique latine.

Affirmer que l’éducation et la santé dans l’Ile sont dans leur meilleur période serait pour le moins innocent ou pure démagogie. Il est certain que la crise a aussi impacté ces secteurs. Ainsi, bien qu’il puisse être quelquefois difficile de trouver des suppléments vitaminés dans une pharmacie, ou que l’on puisse trouver que certains hôpitaux soient sales, il est certain cependant que si un malade nécessite une transplantation de coeur, il l’obtiendra sans avoir à payer un peso !

De même le niveau de nos enseignants n’est plus celui qui existait il y a 30 ans, mais un jeune sera diplômé de l’université (dûment contrôlé), sans avoir à débourser de grandes quantités d’argent.

Mais pouvoir compter sur des systèmes publics de santé et d’éducation gratuits et universels, n’est pas, d’évidence, le seul avantage dont bénéficient tous les cubains. Et la nourriture qu’il faut payer, et les transports, et l’électricité, le gaz ...? Tous ces secteurs sont en bonne partie subventionnés par l’Etat, de façon que leurs prix soient relativement bas.

Avec la carte de rationnement (livret de ravitaillement), chaque citoyen reçoit une quantité déterminée de marchandises pour un prix quasi symbolique. Cette quote-part ne résout pas tous les problèmes pour un mois, mais elle aide considérablement. Les transports publics dans les villes sont très peu chers. Un aller dans le bus coûte 0,40 peso de monnaie nationale c’est à dire 2 centimes de dollar* Même si le service, surtout aux heures de grande affluence , est insuffisant. Beaucoup (ceux qui peuvent) préfèrent prendre un taxi collectif appelé "almendrones" qui coûte entre 10 et 20 pesos en monnaie nationale, soit à peine de 0,5 à 1 dollar. Les prix de l’électricité et du gaz sont également modiques. Moi, par exemple, je vis dans un appartement avec réfrigérateur, ventilateurs, chauffe-eau, autocuiseur électrique, téléviseur, micro ordinateur, radio, et autres articles électriques... jamais je ne paie plus de 12 pesos par mois, soit la moitié d’un dollar.

A ceci s’ajoute que la majorité des cubains, ne paie pas de loyer pour se loger. Ceci ne signifie pas que la situation immobilière est bonne : plusieurs génération d’une même famille doivent vivre quelquefois dans une petite maison. Les locations sont réservées à ceux qui entrent dans un emploi d’état.

Il est un peu plus difficile pour ceux qui reçoivent les salaires d’état, d’acheter des vêtements ou des chaussures dans les réseaux de magasins en devises (cuc), les prix y étant élevés.

Certains profitent des possibilités offertes dans les centres de travail (uniformes et chaussures), et d’autres utilisent les magasins de vêtement recyclés.

Il existe une partie de la population qui est plus vulnérable : les personnes âgées, et les sans familles. Pour eux ont été ouverts des restaurants de prix très très bas et ils reçoivent une attention sociales personnalisée. Il est certain que se sont eux qui ont été les plus affectés par la crise. Au cours des dernières années, particulièrement dans les grandes villes, on a pu noter un phénomène qu’il y a 30 ans était inconcevable : certains personnes âgées demande l’aumône dans la rue.

Personne ne dit que tout est facile, ou qu’il s’agit d’une bonne vie.

Une bonne part des cubains s’arrange pour augmenter leurs revenus, (certains de manière légale, d’autres en frisant le délit, et une minorité en usant de délinquance).

Mais augmenter le pouvoir d’achat, le niveau de vie, c’est une aspiration (et une demande) des travailleurs citoyens, bien que tous ne sont pas motivés pour travailler. Les prochaines années seront cruciales. Les gens ont besoin de certitudes.

Yuris Nôrido est journaliste dans des médias officiels comme le journal "Trabajadores" et le site digital "CubaSi".

Membre du parti communiste de cuba, "parce que confiante en ce qu’il peut-être le moteur des changements nécessaires pour ce pays" *

note du traducteur :

Ceci signifie qu’avec un salaire moyen de 20 dollars, un cubain peut payer 2000 allers en bus. A titre d’illustration, un aller en bus à Lyon coûte, par carnet de 10, 1,50 euro, soit 2 dollars, multiplié par 2000, correspond à un salaire de 4000 dollars mensuels....pas si mal...

Autre remarque : comparez le prix de deux pesos pour aller au cinéma à cuba, soit environ, sur la base de 9 euros la place en France, 270 FOIS MOINS CHER. Autrement dit, avec le prix d’une place au cinéma en France, on va 270 fois au ciné à Cuba....pas si mal...

Source : Cuba coopération
Un article de YURIS NÖRIDO Pour la BBC Monde
Traduction : Daniel Maury, France-Cuba Lyon
Salaire cubain : On aime comparer ? Alors alons-y...Efin un article superbement objectif.

conscience politique 30/11/2016 18:56

toujours la même rengaine sans argumentation ! il y a au moins une opposante cubaine qui vivait à l'étranger et qui obtient ses subsides de l'USAID (CIA) et qui est rentrée à la Havane depuis plusieurs années, comme c'est bizarre...bizarre ! C'est bien dommage d'être aussi ignorant des réalités, comme disent les cubains, l'ignorance tue (j'espère que je n'aurai pas à expliquer ce que cela signifie, sinon c'est désespérant.
toujours fraternellement

VH 30/11/2016 13:34

Museler le peuple ! Les opposants sont exilés ou emprisonnés ! hahaha

VH 28/11/2016 16:55

Haha crédible c'est avec ce salaire que Castro a mis 3 milliards de dollars de côté, confisqué une île où il vivait dans une somptueuse villa de pêcheur avec 5 km de zone réservée pour sa pêche personnelle, qu'il a prêté de l'argent à son cher pays à 10 % d'intérêt ! Il était tellement sûr que son peuple l'aimait que jamais il ne leur a proposé une urne, sauf pour ses cendres...

Mediasmenteurs 29/11/2016 13:05

Cher "VH", je pense qu'il faut lire autre chose que les inepties sorties dont je ne sais où ! l'idiot Mr G.W. BUSH avait accusé FIDEL d'avoir accumulé 200 millions de dollars et qu'il allait les trouver...Fidel lui avait rétorqué que s'il trouvait un dollar caché dans une banque quelconque, il démissionnerai de son poste immédiatement...et il lui a rappelé que sa fortune personnelle tenait dans la poche de sa chemise (celle de Bush !). on en a plus jamais entendu parlé car comme d'habitude on a affaire à de l'intox.
allez plutôt à CUBA pendant un mois, dormez chez l'habitant et instruisez vous sur ce qu'on appelle liberté, respect, amour, gratuité des services essentiels à la vie.
Cuba a l'un des indices humains les plus hauts du monde (UNESCO, ONU...ce n'est pas une invention cher "VH"). si la dictature c'est cela (???) alors quand aurons nous le nôtre ? fraternellement

anonyme 13/05/2016 17:16

Bonjour, Peux tu me renseigner sur ce que tu dis plus haut, que lorsque les cubains accèdene à un emploi d'État ils doivent payer le loyer ? dis moi est ce qu'un cubain agent de sécurité ( dans les hôtels ) doit payer un loyer ou pas ? et aussi peux tu me dire ce que représente un loyer qui coûte 60 CUC en monnaie nationale ? merci

andres bryant 30/03/2016 13:41

SOURCE : (28 août 2014)
http://www.bbc.com/mundo/blogs/2014/08/140828_voces_desde_cuba_yuris_norido_vivir_con_20_dolares