La France recule en Europe face aux lobbies OGM

par Yvan Catel  -  14 Juin 2014, 14:29

L’UE veut laisser le choix aux pays membres d’interdire ou non les OGM sur leur territoire. Derrière une apparente avancée se cache un affaiblissement des normes européennes et un plus grand poids donné aux multinationales des biotechnologies.

Les ministres de l’environnement des États membres de l’Union européenne viennent de donner leur accord pour une interdiction nationale des organismes génétiquement modifiés (OGM) [laissant le choix aux Etats membres d’autoriser ou d’interdire la culture des OGM sur leur territoire, ndlr].

Le gouvernement français, en acceptant cette proposition sur les autorisations de mise en culture d’OGM plutôt qu’en opposant un refus ferme et motivé, facilite l’ouverture des champs européens aux cultures transgéniques.

Le poids des multinationales des biotechnologies

Alors que cela pourrait apparaître comme une avancée, il s’agit en réalité d’un recul majeur puisque d’une part les normes européennes seront considérablement affaiblies en laissant peser sur les États les expertises, et d’autre part ces normes porteront atteinte à l’équité dans les productions agricoles à travers de graves distorsions de concurrence.

Ce seront désormais les entreprises multinationales des biotechnologies qui discuteront directement avec les États et négocieront des conditions de mise sur le marché, ce qu’elles réclamaient depuis des années, notamment en utilisant des arguments socio-économiques ou territoriaux plutôt que sanitaires ou environnementaux.

En faisant ce choix, le gouvernement français a tourné le dos aux paysans et aux citoyens qui s’opposent à l’appropriation du vivant par la technique et les brevets et la marchandisation du monde alimentaire.

Le Parlement doit encore se prononcer

Le Parlement européen aura fort heureusement à se prononcer sur cette décision constituant un recul indéniable pour les défenseurs d’une Europe qui régule et qui protège en faisant de l’environnement une priorité.

Le groupe des Verts/ALE sera en pointe pour rejeter cette proposition de renationalisation des cultures OGM et pour obtenir :

- Un véritable renforcement de l’évaluation des risques environnementaux dans les autorisations de mise en culture.

- La prise en compte des risques de contaminations transfrontalières et de perturbation du fonctionnement du marché intérieur de l’UE.

- L’indemnisation des préjudices subis par les agriculteurs et les apiculteurs conventionnels ou en agriculture biologique qui veulent produire sans OGM.

La délégation des eurodéputés Europe Écologie du groupe des Verts/ALE au Parlement européen : José Bové, Karima Delli, Pascal Durand, Yannick Jadot, Eva Joly, Michèle Rivasi

Source : Verts/ALE au Parlement européen

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