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Publié par Yvan Catel

Le système capitaliste, dans sa phase ultime, l'impérialisme, nous entraine encore plus vite vers un désastre écologique : une seule alternative, l'ECO-SOCIALISME !

Sans effort supplémentaire, les températures pourraient s’élever de 3,7 à 4,8 °C d’ici 2100, selon le dernier volet du cinquième rapport du Giec, publié dimanche 13 avril. Consacré à la lutte contre le dérèglement climatique, il dresse un bilan catastrophique de l’insuffisance des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. .

Sans effort supplémentaire de réduction des émissions de gaz à effet serre, les températures pourraient s’élever de 3,7 à 4,8 °C d’ici 2100, selon le dernier volet du cinquième rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) 3, publié dimanche 13 avril. Consacré à la lutte contre le dérèglement climatique, il dresse un bilan catastrophique de leur insuffisance à empêcher le réchauffement de la température à la surface du globe.

Pour autant, le « résumé pour les décideurs », la synthèse d’une trentaine de pages de l’épais document, ne ferme pas la porte à l’action et insiste au contraire sur la nécessité de mettre en œuvre le plus tôt possible des actions massives et drastiques pour contenir l’ampleur du changement du climat. Le précédent volet (voir nos articles ici et encore là), paru il y a quinze jours, décrivait un dérèglement climatique déjà en train de se produire. Cette dernière livraison se concentre sur son « atténuation » (mitigation en anglais), c’est-à-dire les scénarios possibles d’émissions de gaz à effet de serre pendant les cent prochaines années, en fonction des efforts mobilisés par les sociétés pour les endiguer. En ce sens, c’est sans doute la partie la plus politique de l’énorme rapport des scientifiques réunis sous l’égide de l’Onu, et qui publient à intervalles réguliers cette somme sur l’état des savoirs concernant le climat. En voici ci-dessous le résumé pour les décideurs (en anglais), dans sa version finale, approuvée le 12 avril à Berlin, où chercheurs et représentants des États et de la société civile se sont réunis pendant toute la semaine.

Malgré les politiques de protection du climat mises en œuvre autour du monde, les émissions de gaz à effet de serre n’ont cessé de croître depuis 40 ans. Pire, elles s’accélèrent nettement depuis dix ans : une giga-tonne (soit un milliard de tonnes) de plus chaque année, entre 2000 et 2010, contre moins de la moitié (0,4 giga-tonne) entre 1970 et 2000. Si bien que la situation actuelle est sans précédent dans l’histoire humaine : l’atmosphère absorbe désormais chaque année près de 49 giga-tonnes de gaz à effet de serre (en équivalent CO2). Le ralentissement de l’activité dû à la crise économique de 2008 n’a que temporairement ralenti ces rejets gazeux. Les comparaisons historiques sont vertigineuses : près de la moitié de toutes les émissions d’origine humaine depuis 1750, à l’aube de l’ère industriel, se sont produites lors des 40 dernières années. La croissance démographique et l’activité économique sont les principaux facteurs explicatifs. Mais là aussi, le tableau empire : la production de richesses est de plus en plus néfaste pour le climat. Les bénéfices de l’amélioration de l’efficacité énergétique ont été effacés par l’explosion de la demande. Le boom de l’usage du charbon a inversé la tendance à long terme de décarbonisation de l’offre mondiale.

Au point que, sans effort supplémentaire de réduction des gaz à effet de serre, la température moyenne à la surface du globe devrait augmenter de 3,7 à 4,8 °C par rapport à ses niveaux pré-industriels. Ce sont des moyennes : concrètement, les hausses pourraient s’échelonner de +2,5 à + 7,8 °C en fonction des régions. Nous basculerions dans un autre monde. Cette catastrophe ne résulterait pas de l’inaction des sociétés, mais bien de l’insuffisance de leur réponse, puisqu’elle se produirait même si nous poursuivions les efforts actuels. Pour contenir le réchauffement de l’atmosphère à un niveau auquel s’adapter sans trop de bouleversements et de destructions, il faut agir beaucoup plus, massivement, et tout de suite. Les rejets de gaz à effet de serre doivent avoir chuté dès 2050, soit d’ici 35 ans. Car plus nous attendons, plus il sera difficile de les réduire, et plus cela coûtera cher.

Comment ? Les auteurs du Giec se gardent de plaider pour un type de politique plus qu’une autre. Ils présentent des scénarios d’évolution des rejets de CO2 en fonction de différents critères, dont les modes de production de l’énergie. C’est la partie du rapport qui va sans doute susciter le plus de polémique, car les chercheurs prennent en considération les techniques à risque de « capture et stockage du carbone » (CSC) 3, qui consiste à aspirer le dioxyde de carbone et à le séquestrer sous la terre pour l’empêcher de polluer l’atmosphère (nous voyons là les limites de l'analyse économique du GIEC qui prend le risque de se ranger du côté des tenants du libéralisme qui nous entrainent à grands pas vers la catastrophe, ndlr). C’est une forme de géo-ingénierie, ce champ de recherche qui prétend apporter des solutions techniques, aussi surréelles semblent-elles parfois, à la crise climatique (voir ici notre article à ce sujet). Expérimentée à petite échelle par l’industrie électro-intensive, cette technologie est très coûteuse, peu fiable et risquée : comment empêcher les fuites, les pollutions souterraines, les risques de tremblement de terre ? Les auteurs du Giec ne nient pas les « inquiétudes concernant la sûreté opérationnelle et l’intégrité du stockage à long terme » du CSC. Mais y voient une possible solution pour faire « redescendre » la concentration des gaz à effet de serre en cas de dépassement des seuils jugés plus ou moins acceptables (ce que les anglophones appellent overshoot). Ils vont plus loin, et accordent du crédit aux perspectives d'application du stockage du carbone à la bio-énergie (électricité et chaleur produites à partir du bois, des déchets agricoles, mais aussi agro-carburants).

Pour une partie des mouvements écologistes mais aussi de scientifiques, c’est une ligne rouge à ne pas franchir. L’ONG britannique Biofuelwatch, associée comme d’autres organisations à la rédaction du rapport, s’en est émue cette semaine, dans le quotidien The Guardian : 3 ce type de technologie risque d’aggraver le changement climatique, les problèmes de l’agriculture, la pénurie d’eau, l’érosion des sols, plutôt que de les résoudre, selon elle. En 2009, lors du sommet de l’ONU sur le climat à Copenhague, le Climate justice network (CJN), un réseau d’associations, avait fustigé les « fausses solutions » techniques à la crise climatique. La capture et le stockage du carbone en faisaient partie. Cinq ans plus tard, les scientifiques du Giec considèrent que « combiner la bio-énergie avec la CSC pourrait permettre de produire de l’énergie et d’obtenir des émissions négatives, ce qui jouerait un rôle important dans la stabilisation et la réduction » des émissions de gaz à effet de serre. Au sujet des perspectives du nucléaire, les auteurs démontrent un enthousiasme modéré : « Sa part dans la production mondiale d’électricité baisse depuis 1993 », écrivent-ils, et les obstacles à sa renaissance sont multiples : risques liés à l’activité des réacteurs et à la gestion des mines d’uranium, incertitudes financières et réglementaires, absence de solution pour le stockage des déchets, prolifération, hostilité des opinions publiques. Ils se montrent plus optimistes quant au rôle du gaz et de la nouvelle génération des centrales à cycle combiné, plus économes en CO2.

Et surtout, ils croient au rôle croissant des énergies renouvelables, dont la performance a beaucoup augmenté et les coûts ont diminué, même si elles ont encore besoin de soutiens, analysent-ils. En 2012, environ la moitié des nouvelles capacités de production d’électricité installée dans le monde était de l’éolien, de l’hydraulique ou du solaire. Ils anticipent au passage une dévalorisation des capitaux investis dans les énergies fossiles, notamment le commerce du charbon et du pétrole. En cas de mise en place de politiques sévères de déplétion de gaz à effet de serre, les investissements dans les hydrocarbures servant à produire de l’électricité pourraient se réduire de 30 milliards de dollars chaque année.

Pour autant, les chercheurs refusent de s’en remettre aux seules technologies. C’est là un point crucial, et ils le martèlent : il faut agir sur la demande, « l’amélioration de l’efficacité énergétique et les changements de comportements pour réduire la demande sont essentiels pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ». Les « comportements, le style de vie et les cultures ont une influence considérable sur l’utilisation de l’énergie, les émissions peuvent baisser drastiquement en changeant les modes de consommation : la demande de mobilité, la dépense énergétique chez soi, la consommation de produits plus durables, le changement de régime alimentaire et la lutte contre le gaspillage alimentaire ». Ils plaident pour une action collective, concertée, internationale, et en appellent aux pouvoirs publics pour agir sur les infrastructures, les stratégies d’urbanisation, les investissements de long terme.

Le Giec se réunit sous l’égide de l’Onu. Ses auteurs ne pouvaient pas ignorer les discussions se déroulant autour d’un accord international sur le climat, espéré pour 2015 à Paris. Leur verdict est, sans surprise, sévère : les bases de la négociation entre les États « ne vont pas dans le sens de trajectoires efficaces à long terme de réduction des émissions permettant au moins de se donner une chance de limiter la hausse des températures à 2 °C ». Un message adressé en particulier à la France, qui va accueillir le sommet décisif de la fin 2015 : même si la conférence du Bourget débouche sur un accord, il ne permettra pas d’endiguer la crise climatique.

Avant que le rideau ne se lève sur le théâtre de la diplomatie, le nouveau rapport du Giec sonne comme un impitoyable rappel à la réalité.

Source : http://www.médiapart.fr/

Climat : + 3,7 à 4,8° des températures d’ici un siècle

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