VENEZUELA : LA FABRIQUE DE LA TERREUR

par Yvan Catel  -  26 Mars 2014, 12:02

"Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d’abord le pouvoir politique pour représenter"

Commençons par une situation imaginaire.

Imaginons une manifestation, disons à Nantes contre l´aéroport de Notre Dame des Landes. Alors que la manifestation se termine, les partis politiques et associations qui l´ont convoqué ne la dissolvent pas. Des groupes radicaux prennent le relais et commencent à construire des barricades. Ils sont aidés pour cela par les services de la ville. Une pluie de cocktails Molotov, de pierres et de pavés s´abat sur les CRS. Une partie du CHU, et la totalité de l´Université sont réduits en cendres. Soudain, les CRS sont attaqués à balles réelles. Plusieurs d´entre eux décèderont. Ajoutons que la manifestation est financée par la Russie de Poutine et que dans les groupes radicaux se trouvent plusieurs membres du Hezbollah libanais.

Alors que le gouvernement utilise toute une panoplie de moyens démocratiques pour enrayer la violence, tous les media internationaux soutiennent cette situation insurrectionnelle et accusent François Hollande d´être le bourreau du Peuple français….

Situation surréaliste et improbable me diront les uns, « arrête la drogue » me diront ironiquement les autres. Et pourtant. Et pourtant, cette situation est bien réelle. Elle est même un léger condensé de ce que vit le Venezuela depuis plusieurs semaines.

Explications.

A qui la faute ?

Depuis maintenant plus d´un mois, alors que l´immense majorité du pays vit sereinement, neuf districts municipaux (municipios) sur les 335 que compte le pays sont en proie à de véritables scènes de guérilla urbaine. Comme par enchantement, ces neuf municipios sont tous dirigés par des maires d´opposition et sont généralement le lieu de résidence des classes aisées. Drôle de révolution populaire qui n´existe que par le truchement des entreprises de communication…

A regarder qui sont les victimes de cette “dictature sanguinaire”, on découvre que la plupart d´entre elles ne sont pas le fruit d´une sanglante répression mais font suite aux actions violentes de l´opposition.

Au 18 mars, on pouvait compter 31 morts dont (1) :

- 5 seraient attribués à des institutions policières (dont une à la Police de Chacao, dirigée par l´opposition). 23 membres des forces de l´ordre ont été mis en examen.

- 6 personnes sont mortes à cause de barricades ou de fils de fer barbelé que les groupes de choc de l´opposition ont tendu dans les rues qu´ils contrôlent.

- 8 personnes ont été assassinées alors qu´elles tentaient de déblayer la voirie et de démonter des barricades.

- 1 personne est morte renversée par une voiture qui tentait de franchir une barricade.

- 7 personnes sont mortes lors d´affrontements de tout type.

- 2 personnes sont décédées car l´ambulance qui les emmenait à l´Hopital a été bloquée par une barricade.

- 1 personne est morte de manière accidentelle. Cette personne était montée sur un toit pour agresser les services de police dans la rue en contrebas. Elle s´est défenestrée en voulant redescendre (2) .

- 1 personne dont les causes restent à déterminer.

De ce total macabre, on dénombre cinq membres de la guardia nacional (l´équivalent de la gendarmerie) assassinés par balle, et un procureur de la République.

De nombreux transports en commun (bus et stations de métro) ont été saccagés, un dispensaire de la mission Barrio Adentro a été incendié (les médecins cubains qui se trouvaient à l´intérieur ont miraculeusement pu en réchapper), neuf camions semi-remorque transportant plusieurs dizaines de tonnes de nourriture à destination des supermarchés publics furent brulés (drôle de manière de protester contre les ruptures de stock que d´incendier la nourriture) ainsi que plusieurs camions citernes remplis d´essence, de nombreux bâtiments publics et ministères ont été attaqués. La Unefa, université publique et gratuite, de la ville de San Cristobal a été entièrement rasée par les flammes. Son importante bibliothèque n´est désormais plus qu´un souvenir….

A un mois du début de cette tentative de déstabilisation, non seulement le gouvernement est toujours en place mais l´opposition, qui soutient dans les faits la terreur des guarimbas perd du terrain. 85,4% des vénézuéliens se déclare opposés à cette forme de protestation (3) . Le président Maduro est même remonté dans les sondages d´opinion : 55,8% des vénézuéliens voteraient pour lui en cas d´élections présidentielles (4) .

Loin des délires médiatiques sur la violation des droits de l´homme au Venezuela, le travail de la médiatrice de la république et de son institution (Defensoria del Pueblo) a été, le 13 mars 2014, reconnu conforme aux principes de Paris et décoré de la classe A par le Comité International de Coordination des Institutions Nationales des droits de l´Homme et par le Haut Commissariat des Nations Unis aux droit de l´homme (5) .

Information passée sous silence par la plupart des entreprises de désinformation.

Source : Lire la suite sur http://www.romainmigus.com/2014/03/la-fabrique-de-la-terreur.html

VENEZUELA : LA FABRIQUE DE LA TERREUR