La CELAC : un rêve de Simon Bolivar et de José Marti

par Yvan Catel  -  10 Février 2014, 18:35

LE président vénézuélien a affirmé que la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) a prouvé sa capacité d’action, mais elle doit prendre garde de pas tomber dans le piège de la rhétorique. Plus loin, il a signalé que les États-Unis sont les grands perdants de ce sommet de la CELAC.

Dans une interview pour la Télévision cubaine, le président a évoqué son entretien d’environ deux heures avec le leader historique de la Révolution Fidel Castro, soulignant qu’ « il fut l’ami et le compagnon de luttes du leader bolivarien Hugo Chavez, avec qui le lia une amitié parfaite et riche en sentiments, une relation semblable à celle d’un père à un fils ».

De l’avis du dirigeant bolivarien, il est nécessaire d’immuniser la nouvelle organisation des pays situés au sud du Rio Bravo « contre la bureaucratisation, afin d’assurer la fluidité de ses doctrines et de ses plans et atteindre l’objectif de la véritable indépendance ».

Il a rappelé que le XIXe siècle en Amérique latine fut marqué par les guerres intestines, le XXe siècle par les invasions et la domination nord-américaines, si bien que le XXIe siècle doit marquer la reprise du chemin de l’union, et qu’aujourd’hui « la CELAC doit nous rassembler autour d’un agenda commun et de la doctrine d’une seule pensée latino-américaine et caribéenne ».

Maduro a ajouté que la Communauté « se doit d’être la grande organisation appelée à faire la grande politique dont parlait Chavez, et de se doter d’un agenda d’actions communes assurant une coordination permanente entre les pays afin de pas reproduire les erreurs du XIXe siècle ».

Plus loin, le président vénézuélien a fait l’éloge de la déclaration faisant de notre région une zone de paix, « un accord qui nous protège tous et qui pose les bases d’un nouveau droit dans la pensée latino-américaine et caribéenne, qui nous vient des luttes de libération ».

Dans ce contexte, le président bolivarien a souligné les progrès des négociations entre le gouvernement colombien et les guérillas des Forces armées révolutionnaires-Armée du peuple de ce pays, et il a appelé à la fin de ce conflit qui a fait tant de victimes.

Il a rappelé que, pour Hugo Chavez, le processus de paix entre le gouvernement et les FARC « fut comme une obsession, et il employa toute son énergie à contribuer au règlement du conflit qui déchire ce pays frère ».

Il a insisté sur la nécessité et l’urgence de la décolonisation de Porto Rico, ainsi que de la cessation de l’occupation illégale, par les États-Unis, du territoire de la base navale de Guantanamo.

Le chef d’État vénézuélien a souligné par ailleurs que les grands médias, qui n’ont que faire des peuples, ont ignoré le 2e Sommet de la CELAC dans une tentative de passer sous silence un événement historique : l’unité latino-américaine après tant d’années.

UN REVERS POUR LES ÉTATS-UNIS

Pour le président Maduro, cette réunion au sommet, à La Havane, des pays situés au sud du Rio Bravo a constitué un grand revers pour les États-Unis, et il a souligné le fait que le soutien régional apporté à Cuba a été qualifié par un fonctionnaire du Département d’État de « trahison des Latino-américains et des Caribéens ».

Il a précisé que les Nord-américains devront ravaler leurs déclarations « parce que l’Amérique latine et les Caraïbes maintiendront sereinement leur cap vers la paix et leur projet d’union dans la diversité ».

Par ailleurs, il a souligné l’importance d’un sommet où,« dans leur diversité politique, des anciens guérilleros, des indiens, des ouvriers et des chefs d’entreprises ont œuvré à la réalisation du rêve des pères de l’indépendance en faveur d’une Amérique latine et des Caraïbes unies ».

« Cette réunion a montré que Cuba jouit de la considération et de la confiance des pays de notre région, car ce pays a mené une politique internationale très prestigieuse. Cuba n’est pas seule, comme l’ont démontré les votes à l’ONU contre le blocus économique, financier et commercial qui lui est imposé depuis plus de 50 ans par les États-Unis ».

Dans ses déclarations devant les journalistes, Nicolas Maduro a également fait référence à la convocation du 1er Congrès du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV).

Il a expliqué qu’une commission nationale avait été créée, divisée en trois sous-commissions, « parce qu’aux batailles électorales, il faut ajouter la construction d’un parti qui ressemble le plus possible au Venezuela actuel ».

Il a annoncé l’ouverture d’un grand débat national. « Le document de base sera lancé le 20 février, et le 5 mars, anniversaire de la disparition physique de Hugo Chavez, il sera débattu en assemblées afin de définir clairement de nombreuses questions. »

(Rédaction de Granma international).

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