Pour des solutions made in China

par Yvan Catel  -  24 Novembre 2013, 22:20

Pour des solutions made in China
• Le 3e session plénière du 18e Comité central du Parti communiste chinois a adopté un train de mesures pour approfondir les réformes dans lesquelles le pays s’est engagé depuis 1979

Claudia Fonseca Sosa

LA Chine ne cesse de surprendre. Le gouvernement de ce pays d’Asie qui dans un avenir pas si lointain pourrait dépasser les États-Unis en tant que première économie mondiale, a annoncé une nouvelle série de mesures visant à réorienter son modèle de croissance vers la consommation interne et à réduire sa dépendance aux économies occidentales.

En 1979, la Chine amorça un processus de transformations socio-économiques afin redynamiser les forces productives du pays. Les excellents résultats du nouveau modèle de développement, basé sur une politique d’ouverture aux investissements étrangers, et la croissance de ses exportations, lui ont permis d’enregistrer un excédent de plusieurs milliards de dollars.

Par ailleurs, l’économie chinoise a su manœuvrer et survivre à l’éclatement de la bulle financière internationale de 2008.

Cependant, le géant d’Asie caresse un rêve : en 2020, parachever la construction d’une société de moyenne aisance et doubler le PIB et le revenu moyen des ménages par rapport à celui de 2010, lorsque le pays enregistra une croissance de 10,3%. Pour ce faire, le président Xi Jinping a signalé que le pays devrait procéder à des ajustements stratégiques dans sa structure économique et gagner en efficience dans les mécanismes de contrôle étatique.

L’objectif du gouvernement est de faire en sorte que chacun des 1,3 milliard de Chinois puisse jouir sur un pied d’égalité des bénéfices du développement, et c’est dans ce sens que s’inscrivent les mesures annoncées par le 18e Congrès du Comité central du Parti communiste.

« Le principal objectif des réformes adoptées est d’améliorer et de développer le socialisme à la chinoise, et continuer d’aller de l’avant dans la modernisation du système et des capacités de gouvernement du pays », est-il dit dans un communiqué divulgué à la séance de clôture du Congrès.

Le document insiste sur la nécessité de « gérer correctement les relations entre le gouvernement et le marché » afin que ce dernier ait « un rôle décisif dans la répartition des ressources économiques, permettant ainsi au gouvernement de mieux jouer son rôle ».

Selon la presse officielle, le Parti créera également des règlements de marché justes, ouverts et transparents et améliorera le mécanisme de fixation des prix par le marché, afin que les entreprises puissent opérer de manière indépendante.

Par ailleurs, la Chine procèdera à une réforme fiscale, abaissera le seuil des investissements étrangers, intensifiera le développement des zones de libre échange et accélèrera l’ouverture des régions intérieures, côtières et frontalières dans le but de créer un nouveau type de relations entre l’industrie et l’agriculture.

D’autres mesures visent à permettre aux paysans de jouir davantage des droits de propriété sur la terre et sur les moyens de production, à instaurer un système de sécurité sociale durable, à créer de nouvelles relations urbano-rurales pour surmonter les difficultés créées par les grandes vagues de migration interne, et à améliorer le niveau de vie de la population en matière d’accès aux services de santé et d’éducation, entre autres.

Le gouvernement a également annoncé une modification de la politique de contrôle des naissances du fait des changements intervenus dans le pays le plus peuplé de la planète – le vieillissement de la population –, afin de satisfaire le désir de beaucoup de familles d’avoir plus d’un enfant.

Il est également prévu d’assigner davantage de ressources à l’armée et de promouvoir le développement scientifique et écologique.

Concernant la nature de ces réformes, l’analyste cubain Eduardo Regalado, du Centre de recherches en politique internationale, a signalé que du fait des effets négatifs de la crise financière sur ses principaux marchés (l’Europe et les États-Unis), les Chinois ont été contraints de réduire leur dépendance aux capitaux extérieurs et de renforcer leur marché interne, le plus grand du monde.

« Les produits chinois, bon marché, qui se vendaient très bien avant la crise, ont été affectés par la concurrence des produits européens et nord-américains (autrement dit, des pays acheteurs). Parallèlement, les Chinois ont augmenté leur pouvoir d’achat, alors, pourquoi les vendre à d’autres s’ils peuvent être écoulés sur place ? », a ajouté le spécialiste.

Pour Regalado, ces mesures d’ajustement visent à améliorer encore le niveau de vie de la population et à combler progressivement les brèches dans le développement des zones rurales et urbaines. Elles sont également appelées à apporter des solutions aux difficultés internes découlant du développement, comme la pollution et la migration des campagnes vers les villes, entre autres

Une autre transformation importante dans les projections du développement de la Chine sera le bond d’un modèle de croissance extensive, qui veut que le pays se développe dans la mesure où ses usines sont de plus en plus nombreuses, à un modèle de croissance intensive, axé sur la science et à la technique dans les processus de production, le souci de l'environnement et la moindre dépendance de l'extérieur.

(source Granma International)

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