L’Angola a fêté 38 ans d'indépendance

par Yvan Catel  -  24 Novembre 2013, 23:58

L’Angola a fêté 38 ans d'indépendance
• Le 11 novembre, le deuxième pays d'Afrique à plus forte croissance a célébré l'indépendance et la liberté retrouvées

par Claudia Fonseca Sosa

LE 11 novembre 1975, le président Antonio Agostinho Neto proclamait, devant l’Afrique et le monde, la naissance de la République populaire d’Angola. Après 14 ans de lutte armée, la dernière colonie portugaise en Afrique accédait à son indépendance.


Luanda, la capitale angolaise, est l'une des villes les plus visitées du continent.

Cependant, le peuple angolais ne put jouir tout de suite des bienfaits de la liberté. À la suite de l’annonce des résultats des premières élections, qui donnaient vainqueur le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), certains partis de l’opposition, dont l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) et d’autres forces réactionnaires appuyées par les États-Unis, la France, le Royaume Uni, l’Afrique du Sud et le Zaïre, plongèrent le pays dans une guerre civile fratricide qui dura 27 ans.

L’Opération Carlota, au cours de laquelle les combattants internationalistes cubains aidèrent à préserver l’indépendance et l’intégrité territoriale angolaise, demeurera à jamais dans nos souvenirs.

Grâce à la résistance du peuple et l’action armée de nombreux combattants africains et cubains venus épauler leurs frères angolais, et au terme d’intenses journées de négociations, furent signés en 2002 les accords de paix et de réconciliation nationale.

Commençait ainsi une nouvelle période de démocratie pour ce pays. Les élections générales entraînèrent l’affermissement et la consolidation du MPLA au gouvernement.

Pendant ces années, l’État angolais mit en œuvre une série de programmes pour le développement social et économique du pays. Une nouvelle Constitution fut promulguée et le pouvoir exécutif adopta les lois nécessaires pour assurer le pluralisme politique, ainsi que le fonctionnement normal des partis politiques et la création d’associations de toutes sortes, en garantissant le droit à la libre expression dans ce pays multiethnique de 21 millions d’habitants.

Des mesures furent également adoptées pour garantir le regroupement des familles dispersées par la guerre durant de nombreuses années, et mettre un terme au climat d’insécurité régnant dans certaines régions du pays.

D’importants travaux permirent la reconstruction du réseau routier et de chemins de fer, de ponts, de centrales de production d’énergie électrique, d’usines de traitement de l’eau et du transport de marchandises.

Au cours des dix dernières années, l’Angola est devenu la deuxième économie africaine à plus forte croissance, avec un taux de 9,2%. Doté d’abondantes ressources naturelles, comme les gisements de pétrole et de gaz au large de l’enclave de Cabinda et du côté de l’embouchure du fleuve Congo, le pays a misé sur le développement de l’industrie.

En 2005, la production de pétrole brut s’est élevée à 1 400 000 barils, avec une prévision de plus de 2 millions pour 2019. Ce volet représente environ 45% du PIB, et 90% des exportations. Sonangol est l’entreprise publique chargée de l’exploitation et de la production de pétrole et de gaz naturel en Angola.

Par ailleurs, les programmes agricoles lancés par le gouvernement ont permis de couvrir 85% des besoins de la population et de diminuer les importations de denrées alimentaires.

À noter que l’Angola est devenu l’un des pays les plus dynamiques de la région subsaharienne pour ce qui est de l’enseignement supérieur, moyen et primaire. Depuis l’indépendance, l’éducation est gratuite et obligatoire pour les enfants âgés de 6 à 9 ans.

Le pays compte 17 universités et 44 instituts supérieurs. Ces résultats sont le fruit des mesures adoptées par le gouvernement du MPLA en faveur de la cohésion nationale et de la stabilité.

Sur le plan de la politique étrangère, la République d’Angola a su s’assurer la reconnaissance des pays voisins grâce à sa participation au règlement de conflits divers au sein de l’Union africaine, de la Communauté des États de l’Afrique occidentale et d’autres mécanismes d’intégration régionaux. La diplomatie angolaise base son travail sur le principe du respect mutuel et de l’égalité mutuellement réciproquement avantageuse.

Récemment, ce pays s’est vu attribuer le statut de garant des négociations visant à mettre fin au conflit qui oppose l’armée congolaise aux rebelles du M23, dans l’est de la République démocratique du Congo.

« Nous sommes un pays en paix, et doté d’un immense potentiel pour coopérer et nouer des liens avec le monde », a déclaré récemment le président José Eduardo dos Santos.

UNE FRATERNITÉ CONSOLIDÉE DANS LE TEMPS

Le 15 novembre, quatre jours avant la proclamation de l’indépendance de ce pays, aura également marqué le 38e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Cuba et l’Angola.

« Nous, Angolais, avons le devoir de renforcer les liens d’amitié et de fraternité qui unissent les peuples d’Angola et de Cuba, des liens qui se sont tissés dans les moments les plus difficiles, pour la cause de la liberté conquise dans le sang et le sacrifice des héros qui permirent de consolider l’indépendance de l’Angola, et contribuèrent à la libération de la Namibie et du Zimbabwe, et mirent fin au régime de l’apartheid en Afrique du Sud », signale un communiqué envoyé à Granma par l’ambassade d’Angola à La Havane.

« L’héroïsme des plus de 300 000 combattants internationalistes et 50 000 collaborateurs civils cubains qui, faisant preuve d’un engagement et d’un dévouement exemplaires, s’acquittèrent de leur mission en Angola, est d’une valeur incalculable », ajoute le document, qui se prononce pour le resserrement des liens bilatéraux comme un héritage précieux pour les générations futures.

(source Granma International)

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