Asphyxie des collectivités territoriales

par Yvan Catel  -  30 Novembre 2013, 01:30

Le communiqué du ministre Peillon en date du 15 novembre, rappelant les compétences respectives de l'Etat et des communes en matière d'organisation des temps éducatifs, est une provocation supplémentaire alors que l'opposition à sa politique ne cesse de grandir. Comment peut-il rejeter sur les maires l'impossibilité d'appliquer son décret ? Comment peut-il se défausser sur eux de sa responsabilité qui est de prendre soin de tous les enfants que la République confie à son école ? En recourant au chantage et à l'autorité, le Ministre témoigne du fait qu'il ne parvient plus à convaincre et qu'il a renoncé à la concertation.

Car en effet de quoi s'agit-il sinon d'un chantage ? les parlementaires viennent, dans le cadre du projet de loi de finance, de voter une baisse des dotations aux collectivités de 1.5 milliards d'euro. Par ce fait, les équipes municipales, pour financer la mise en œuvre de son décret (à titre d'exemple 300.000 euro pour une ville moyenne, 15 millions d'euro pour la deuxième ville de France) devront faire des choix. Aujourd'hui, les communes organisent déjà le temps hors scolaire des enfants : les garderies, les activités, les centres aérés, les cantines, les politiques culturelles et sportives, les lieux de vie et d'épanouissement des plus jeunes... Aux maires, Monsieur Peillon demande : financerez-vous les centres aérés, les rénovations d'écoles, les garderies pour les enfants de votre commune ou la gestion du temps laissé libre par ma réforme ? Au final c'est aux familles qu'il reviendra de payer soit directement, soit en augmentant les taxes locales !

(source hebdomadaire "A Gauche" n°1370 du 29 novembre 2013)

Asphyxie des collectivités territoriales